PRÉAMBULE
C’est le processus de libération des codes corporels et comportementaux inculqués et intériorisés par le racisme et le colonialisme chez les personnes
racisées.a
Mais c’est plus large : ça touche aussi toutes les injonctions esthétiques, sociales et sexuelles que la société impose sur nous.
IDÉES
En termes d’attitude décoloniale, si quelqu’un m’avait rencontrée jeune, on aurait pu dire que j’avais tout bon.
Je m’opposais fermement et interdisais qu’on me nomme beurette.
Je ne supportais pas certaines manières de se comporter et d'exploiter les pays dits “sous-développés”.
Et je refusais les phrases creuses comme “on est tous égaux”, “citoyens du monde”, ou “on a tous le choix”.
LE PROBLÈME. LA MANIÈRE DE L'EXPRIMER
Une réaction épidermique. Viscérale. Une colère dévastatrice. Irrépressible.
J'avais donc bien décolonisé mon esprit…
mais mon corps, lui, ne suivait pas.
Il était toujours prisonnier de la douleur, de la violence, de l’injustice.
J’avais la réflexion, j’avais le comportement…
mais il fallait aller plus loin.
Là où se logeait ce qui, peu à peu, me détruisait : dans mon corps.
NAISSANCE D'UN PROCESSUS
Il me fallait donc aussi, décoloniser mon esprit par mon corps.
Aller au-delà.
Et là… ça a été une autre paire de manches.
Dans la pratique, c’est fou le temps que ça a pris.
Et je comprends maintenant pourquoi tant de personnes racisées ont du mal à faire ce travail.
C’est un travail de titan. Et ça fait mal.
Tous les repères sautent.
Tout ce que l’on croyait vrai s’écroule.
ABATTRE TOUTES LES CARAPACES
Il serait trop long ici d’expliquer le processus…
Pour résumé, l’exploration des rituels ancestraux comme voie de passage m’a permis de traverser mes zones traumatiques, de les dé-cristalliser.
Les transformer en un sable fluide et doré, capable de s’écouler en laissant la trace de ma vie.
C’est de là que je pars dans la construction de mon approche de transmission : accompagner les personnes à décoloniser leur esprit par l’écoute profonde et
intime de leur corps.
J’ai entendu une jeune femme dire qu’elle faisait une liste de ce qu’elle ne voulait plus consentir.
Dans la décolonisation de l’esprit, ça a du sens. On se fixe des limites, on se contrôle, on raisonne.
Mais quand on décolonise l’esprit par le corps,
Il n’y a plus d’auto-contrôle ni de calcul.
Mais la réaction immédiate, viscérale, juste, qui jaillit du corps.
Le travail devient réel.
Il libère de ce qui nous empêche depuis toujours, au-delà des idées.
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