Chorégraphe voyageuse, Saïda Naït-Bouda forge son propre langage sur l'art du hâl.

 

Littéralement état, situation en langue arabe, le mot hâl se conjugue au gré des situations les plus ordinaires jusqu'à devenir état de présence divine dans les rituels à caractère mystique en Afrique du Nord.


Partant d'une quête des origines, elle est  née en France de parents algériens, le voyage initiatique se transforme peu à peu en un long cheminement artistique qui s'affranchit des codes habituels aux danses de ces régions pour aller à l'essentiel.

 

Allant toujours plus loin, sillonnant l'Afrique du Nord du Maroc en Egypte au Nord, et de la Mauritanie au Soudan avec les zones subsahariennes, elle pose ses quartiers au coeurs du Sahel pendant 6 ans.

 

Par l'observation, la pratique, la rencontre, la recherche elle étudie l'apport occulté et pourtant fondamental dans ces régions : l'africanité de ces danses. En plus des influences Amazighs* et arabes.

* Peuples natifs d'Afrique du Nord.

 

C'est à dire leur connexions aux éléments cosmiques (verticalité et corps dans l'espace),  et aux éléments telluriques (ancrage à la terre). Le lien constant de l'individu aux rituels aussi bien profanes que mystiques. La manière dont ils soignent l'esprit et le corps et répare les liens des individus dans la communauté.

 

Plaçant l'art et la réparation au coeur de sa recherche, elle créé des spectacles connectés aux rapports d'oppression qui travaille notre société. 

 

Ainsi, Traditions du futur, un rituel contemporain qui invite les habitant-e-s à mettre en jeu les mouvements archaïques -issus des rituels traditionnels- en relation avec l'architecture monumentale. Femmes Algériennes 1960, une performance sur le thème de la décolonisation du corps, Archi Dansé, une approche corporelle et sensitive de la conception de l'espace inspirée de l'architecture musulmane ; Mets les voiles, un autre regard autour du voile par le drapé antique de la Grèce au Sahara ; Mon âme par la Hadra sauvée, une recherche sur la couleur et les symboles dans les rituels de dépossession ; Paris, Alger Tombouctou et retour, le voyage aux pays des origines ; Matrimoines intangibles, une mise en lumière des héritages ancestraux que les femmes nous transmettent, Mémoire de la femme jument, ou la mémoire et les traces chez les enfants d'immigrés ; ...

 

Elle partage l'art du El hâl en France et à l'étranger et est invitée par de nombreuses institutions, notamment :

Regentes Theater, Cloud, Palais de Tokyo, Institut des Cultures d'Islam, Centre National de la Danse, les Ateliers d'Ethnomusicologie à Genève, Le Festival de Transe féminine, Mucem, Institut du Monde arabe, Médiathèque musicale de paris, Danse au Coeur, Conservatoire de Roubaix, Conservatoire Georges Bizet, Festival Bains de rue,...