C’est comme cela que ça a commencé.

C’est comme cela que ça a commencé. Derrière un écran.

 

Pendant le confinement.

Comme la majorité des enseignantes, j’ai continué à enseigner à mes élèves à distance.

Il n’y avait que des femmes.

 

Très vite, une question s’est imposée : qu’est-ce qui, dans mes pratiques, pouvait répondre au mieux à cette situation particulière ?

 

Comment maintenir l’énergie dans un espace confiné, libérer les émotions, alléger l’anxiété, calmer l’angoisse, lutter contre l’isolement ?

 

Alors je me suis inspirée de ce que ma mère et les femmes de ma culture m’ont transmis, ainsi que de mes longues recherches autour des rituels féminins en Afrique du Nord.

 

J’ai commencé à orienter ma transmission autour de plusieurs axes de réflexion :

l’activation du périnée comme régulateur physiologique,

l’intranse comme libérateur émotionnel,

la ritualisation de l’expérience pour stimuler l’imaginaire,

la relation aux points cardinaux pour abattre les murs.

 

Et franchement, ça a plus que marché.

 

Cours collectifs, cours privés, un agenda archi plein.

 

Et quelque chose d’assez fou s’est installé : les femmes parlaient de moi comme d’une femme inspirante, géniale, captivante.

 

Alors que la réalité était tout autre. c'était comme d'être à la télévision. Tout dans l'image. Avec autour le vide.

 

En vérité, entre deux séances, j'étais affalée sur mon lit. Complètement Vidée.

 

En plus d’essayer de suivre chaque personne à travers un écran de trente centimètres carrés, j’étais engluée dans une image fausse de moi-même. Jusqu'au signe d'un pré-burn out.

 

J'ai tout stoppé. Ce n’était pas ce que je voulais transmettre.

 

Ca ne m'intéressait pas de devenir une personne dont on dépend.

 

Ce qui m’intéressait, c’était l’autonomie.

 

Mettre en œuvre un autre paradigme : celui qui m’est venu des transmissions féminines d’Afrique du Nord.

 

Une autre manière de se comprendre, de prendre soin de soi, de s’ancrer, de s’incarner.

 

Et je suis retournée à la salle.

 

Retour dans la réalité.

 

Comme toute nouvelle activité, j’ai observé, analysé, cherché à comprendre ce qui se jouait dans ces ateliers.

 

Et je me suis rendu compte, à ma grande surprise, que la majorité des femmes qui venaient étaient des professionnelles de l’accompagnement.

 

Alors j’ai commencé à questionner leur parcours.

 

Qu’est-ce qu’elles venaient chercher ?

 

Et ce qui est apparu, c’est que le ventre restait une véritable Terra Incognita dans les formations qu'elles avaient suivies (et que l'on continue à proposer).

 

Ou alors il était abordé de deux manières très différentes :

 

D’un côté, par des approches très techniques du périnée, du post-partum et des problématiques physiologiques.

 

De l’autre, par des approches issues du développement personnel, où le périnée est considéré comme « sacré ».

 

Entre ces deux espaces, pas de chemin.

 

Et quand je leur demandais :

« Mais qu’est-ce que vous avez trouvé dans ma pratique ? »

 

Certaines m'ont répondu : « Une pratique dans l’être. »

 

C’est ainsi que la formation La danse, le souffle et le périnée est née.

 

Par une démarche que l'on pourrait résumer sous le thème de : qu'est ce que l'ancrage à la terre.

 

Dans un contexte où les professionnelles passent parfois très vite de l’apprentissage à la transmission, nous apprenons des outils, nous accumulons des connaissances.

 

Mais avons-nous réellement vécu dans notre propre corps ce que nous proposons aux autres ?

 

L’avons-nous expérimenté, éprouvé, confronté au regard de nos pairs ?

 

Avons-nous traversé une transformation suffisamment profonde pour que notre accompagnement ne repose pas uniquement sur l’empathie ou la connaissance technique ?

 

Car le renouveau des accompagnements ne viendra pas seulement de nouvelles méthodes ou de nouvelles expertises.

 

Il viendra aussi d’un changement de posture : sortir d’une relation verticale entre celle qui sait et celles qui apprennent.

 

Il ne s’agit pas de nier l’expertise, mais de sortir d’une transmission basée sur la reproduction d’un modèle.

 

Non pas appliquer une méthode, mais apprendre à la faire vivre.

 

C’est ainsi que peut émerger une autre intelligence de l’accompagnement : incarnée, fine, sensible et créative.

 

Une intelligence qui ne cherche pas à reproduire un modèle extérieur, mais à faire émerger des réponses ajustées, à partir de l’expérience, du corps et de la relation.

 

C’est à partir de cette réflexion que j’ai mis en œuvre le programme des stages.

 

Un chemin où chacune chemine pas à pas, expérimente, transforme, et peu à peu trouve sa propre signature.


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